Le jeûne du mois de Ramadan constitue l’un des cinq piliers de l’islam. Au cours de ce mois, les musulmans ne doivent pas manger, boire, fumer, ni entretenir de rapport sexuel de l’aube au coucher du Soleil. Ramadan est considéré comme le « mois de la charité » car, lorsqu’il s’achève, le fidèle doit s’acquitter d’une aumône, la zakât al-fitr. Il est aussi le mois au cours duquel de nombreux autres événements importants de l’histoire de l’islam sont commémorés, tels que la nuit du destin comme nous l’enseigne le Coran, « Le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été révélé» (Coran 2/185)
Le jeûne est à l’origine une nécessité vitale pour tout être vivant soumis au rythme des saisons et au manque de nourriture. Il est aussi connu pour ses vertus régénératrices et thérapeutiques, ce qui aujourd’hui relance l’intérêt pour sa pratique. Ritualisé, le jeûne fait partie de la vie spirituelle du musulman où il est traditionnellement lié à la prière et à l’aumône : il s’agit donc d’un jeûne en trois dimensions. Allah, exalté soit-Il, dit dans le sens: «Ô les croyants! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété» (Coran 2/183). Ce verset prouve que le jeûne est un acte d’adoration qui se perpétue en même temps que la vie des nations; il nous a été prescrit comme aux nations qui nous ont précédés. En outre «ainsi atteindrez-vous la piété» marque le rapport entre la piété et le jeûne, et cela à travers le lien coranique entre la piété et la crainte révérencielle d’Allah, comme dans la parole d’Allah, exalté soit-Il, (sens des versets): «Mais la bonté pieuse consiste à craindre Allah.» (Coran 2/189)

Le jeûne , la dimension corporelle
Il concerne le fonctionnement physiologique d’un être humain qui, volontairement ou involontairement, n’absorbe plus de nourriture pendant une certaine période. Cela peut durer quelques heures, plusieurs jours ou quelques semaines. Un changement de métabolisme s’instaure et ce sont les réserves d’énergie, essentiellement stockées sous forme de graisse, qui nourrissent les cellules des jeûneurs et des jeûneuses : on vit de la nourriture intérieure. Cette dimension comprend aussi l’application médicale, thérapeutique du jeûne. Ainsi en Islam le jeûne joue un rôle prépondérant et central au coeur de la vie spirituelle du croyant et de la croyante. En effet, le Coran nous enseigne à travers ce verset suivant dit (sens du verset) : « […] pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d’autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu’avec grande difficulté, il y a une compensation: nourrir un pauvre. Et si quelqu’un fait plus de son propre gré, c’est pour lui; mais il est mieux pour vous de jeûner; si vous saviez! » (Coran 2/184).
Ce verset mentionne que le jeûne ne dure que: «un nombre déterminé de jours» parce que la dévotion implique de préserver la vie même du dévot, c’est pourquoi le jeûne se limite à «un nombre déterminé de jours», mais en cas de maladie ou de voyage, le verset enjoint de «jeûner un nombre égal d’autres jours». Ces versets prennent en considération les capacités et la nature de l’homme avec une extrême précision. De ce fait, ils décrivent la difficulté que représente le jeûne en disant : «mais pour ceux qui ne pourraient le supporter» c’est-à-dire qu’ils pourraient jeûner mais en déployant des efforts plus importants que ceux qu’implique normalement le jeûne.

La prière, la dimension spirituelle
Elle se révèle pendant le jeûne par la dématérialisation de la vie, le déplacement intérieur, l’ouverture à la méditation et l’accès naturel à une conscience supérieure. L’un des récits coraniques qui illustre de la plus belle des manières la dimension de retraite spirituelle et de recueillement intérieur n’est autre que l’histoire de Maryam mère de Issa (as), « Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse ! Si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis [lui: ]: Assurément, j’ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux: je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain. »(Coran 19/ 26 ). Ici, la notion de « صَوْمًۭا » en arabe, est illustré par l’abstinence de la parole et non de la privation de la nourriture qui elle est liée au terme de  » ٱلصِّيَامُ « , en favorisant le silence intérieur et le culte du  » Tout Miséricordieux ». A travers le jeûne tous les schémas comportementaux s’interrompent. C’est un temps d’examen de soi, de travail sur l’adhésion au meilleur de soi-même, un temps de retour à Dieu et de pardon, qui permet d’éliminer l’inutile et la futilité ce qui encombre le corps, le coeur et l’âme.

L’aumône , la dimension solidaire
Le terme est compris dans son sens large d’amour du prochain, actes de solidarité, dynamique de groupe. Il fait référence à la capacité accrue du jeûneur à s’ouvrir aux besoins de son prochain et à la dynamique intense, attentionnée et joyeuse qui se crée spontanément lors d’un jeûne en groupe. Une période de jeûne resserre les liens d’une communauté, et de la famille, durant lequel la lecture du Noble Coran, le Rappel et l’évocation d’Allah doivent accompagner nos journées.